Parlons du système D-Star

Par Rodolphe Schöneburg HB9VAB, Président IAPC

La majorité des OM’s ne connaissent pas encore le principe du D-Star et j’aimerais leur apporter les rudiments qui leur permettront de s’intéresser à ce système très intéressant et riche en possibilités d'expérimentations. Il est du rôle de l’IAPC de faire découvrir les nouvelles technologies et, de ce fait, je convie tous les intéressés à prendre connaissance de ce virage technologique important.

Généralités

Les radioamateurs ont choisi le système D-Star pour créer un réseau mondial de relais à modulation vocale numérisée.

De par le monde et sur tous les continents, les relais D-Star poussent comme des champignons depuis l’avènement de ce système et l’IAPC n’est pas en reste puisqu’elle développe ce réseau en Suisse romande en y implantant des installations non desservies.

La numérisation de la voix offre des avantages évidents en utilisant une bande passante réduite (place occupée dans un canal radio), tout en permettant simultanément de transporter des informations relatives à l’adressage (indicatifs de l’appelé et de l’appelant, routage, balise et position GPS).

La numérisation effectuée, il devient aisé de traiter l’information par des moyens informatiques et c’est alors la porte ouverte vers une multitude de possibilités techniques.

Le transport numérique permet dès lors de raccorder entre eux des terminaux radio, des PC’s et des dispositifs informatiques de toutes sortes.

La modulation de la voix reconstituée dans les terminaux radio permet de transmettre avec une qualité remarquable. Ces transmissions transitent sans aucune difficulté via les émetteurs radiofréquences et les circuits câblés. Sur le plan HF, des avantages évidents se dessinent. Sur les supports de transmissions informatiques, LAN, WLAN, WAN, le contenu des transmissions circule à haute vitesse et peut ainsi être géré par des serveurs. Cela ouvre de fantastiques possibilités.

Les transmissions radio sont entrées dans un nouveau monde, celui du futur, que les radioamateurs expérimenteront comme ils l’ont toujours fait avec les anciennes technologies.

Le résultat auditif d’une transmission établie en numérique est de qualité parfaitement intelligible, même si le signal reçu est extrêmement faible. Du moment que la reconnaissance numérique s’effectue, la restitution auditive ne perd pas en qualité, contrairement à la transmission en modulation analogique qui souffre d’inintelligibilité due à la faiblesse des signaux reçus, comme un fort souffle et des perturbations diverses.

Comme tout système radio, la transmission de signaux numérisés a ses revers et ses chicaneries à cause des rotations de phase. Il est toutefois plus aisé de remédier à des problèmes de dégradation en numérique qu’en analogique dans des zones perturbées, car il est possible, dans ces zones, avec le système D-Star, de créer de petites cellules radio en implantant des hotspots. Le système D-Star permet de couvrir une région avec un réseau d’émetteurs en faible puissance.

En mettant en place des structures de très faible puissance, les fréquences attribuées à ces hotspots peuvent être réutilisées par des régions relativement proches. Le réseau D-Star offre la possibilité de coupler les relais entre eux et d’avoir une multitude de hotspots locaux pour étendre leur zone de diffusion, même dans les régions les plus reculées. Cette possibilité est une très grande évolution qui permet d’étendre à bon marché le réseau même dans les petites vallées.

En Suisse romande, le réseau D-Star est pour le moment interconnecté par Internet car il fallait bien relier toutes ces installations. Cependant, l’IAPC est actuellement en train de compléter son réseau radio à 2.4 GHz, 5 GHz ou 10 GHz (dès faisabilité) pour relier les points principaux de son réseau. Cette ossature (backbone) représente un atout majeur pour l’avenir des communications amateurs et les services que l’IAPC met à disposition de la collectivité des radioamateurs.

Les équipements radio du commerce sont des merveilles de technologie et offrent des possibilités et un confort d’utilisation exceptionnels. Cependant, il est possible de fabriquer soi même son kit D-Star afin  d’utiliser des appareils radio standards. Cette possibilité est à la fois très intéressante sur le plan technique d’expérimentation et sur le plan financier. L’IAPC fournira des informations détaillées sur ce sujet dans le futur.

La coordination et l'implantation de relais D-Star en Suisse.

Sur volonté des clubs de participer au réseau D-Star, l’IAPC peut coordonner l’implantation de relais ou de hotspots. Sur le plan financier, les hotspots sont peu chers et faciles à mettre en oeuvre. Ils ont la possibilité d’être rattachés par Internet à un relais régional ou une communauté D-Star internationale (reflector). Dans certains cas, l’IAPC peut aussi créer un link à 5 GHz ou 2.4 GHz avec sa structure haute vitesse, ceci pour éviter un abonnement à Internet (dès faisabilité).

Il convient de rappeler que les directives de l’OFCOM stipulent qu'il n’est pas autorisé pour un particulier de mettre en exploitation publique une installation non desservie; seuls les clubs le peuvent. Si une région n’est pas couverte par le réseau D-Star, un radioamateur peut faire une demande à l’IAPC pour qu’elle prenne sous sa houlette l’implantation d’un hotspot.